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Au panthéon des entités
mathématiques, phi, le fameux nombre d’or, dispute la première place à pi
et quelques spécimens aux vertus numériques particulières. Connu d’Euclide
et en usage durant l’antiquité grecque, qui lui voue un culte presque
mystique, Phi disparaît des traités occidentaux au Moyen-âge pour faire sa
réapparition en Italie du Nord, à la Renaissance : le mathématicien
Pacioli lui consacre son traité de « la Divine Proportion ». On sait
cependant que, par tradition orale, le nombre d’or n’a jamais disparu de
l’enseignement des bâtisseurs. L’architecture romane puis gothique en
offre divers exemples. Aucun cependant n’atteint le degré d’évidence, et
de pureté, que nous offre Dol-de-Bretagne.
Qu’est le nombre d’or ? un être mathématique ayant la propriété suivante :
si on l’élève au carré (c’est à dire si on le multiplie par lui-même) et
qu’on lui retranche 1, on obtient le dit nombre d’or. Et alors me
direz-vous, est-ce là une propriété magique ? Oui, répondent les grecs !
Car ce nombre, qui vaut 1,618034 environ, est doué de propriétés
mathématiques et esthétiques d’une richesse rare. Sur ses vertus repose la
clé d’œuvres d’art en tout genre, de l’antiquité à la renaissance, voire à
la période contemporaine. Même la nature rend hommage à phi quand elle
développe certaines plantes ou coquillages en spirale… Mais c'est là un
sujet inépuisable, qui fait l'objet de bien des traités.
Aussi, contentons-nous de retenir que le nombre d’or définit un rectangle
de une unité de large, et de 1,618 unités de long.
La particularité de ce rectangle réside dans le fait que si on lui « colle
» un carré de 1,618 unités de côté, l’ensemble est aussi un rectangle
d’or. Les bâtisseurs de cathédrales jouaient fréquemment sur cette
propriété, développant des formes considérées comme absolument harmonieuses
:
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Le
nombre d'or vaut 1,618. BCHI, en vert, est appelé un rectangle
d'or, car BH vaut 1,618 fois BC.
On "colle" un carré : ABGH en rouge.
Le grand rectangle résultant ACGI (rouge et vert) est aussi un rectangle
d'or : AC vaut 1,618 fois CI.
Cette construction géométrique, connue depuis l'antiquité, est à la base
du plan au sol de la cathédrale de Dol-de-Bretagne (plan ci-dessous).
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Dans ce contexte, peut-on imaginer le plan au sol d’une
grande cathédrale répondant globalement et logiquement à une construction
dorée ? Nous pensions que non, après examen de nombreux relevés. Les
contraintes du sol, de l’environnement bâti, de la nécessité d’une dissymétrie
(la nef est plus longue que le chœur, souvent), tout ceci se prête mal à un
plan fondé sur phi.
C’est ce que nous pensions avant de rencontrer un personnage atypique, dont
nous aurons l’occasion de reparler. Un alchimiste du XXI° siècle, déjà âgé, se
revendique d’une tradition hermétique fort célèbre : ami et élève de Eugène
Canseliet, Alejandro tient son savoir des enseignements, publiés ou non, de
Fulcanelli, l’auteur mondialement connu du Mystère des Cathédrales.
Alejandro nous a dévoilé le rôle central tenu par Dol dans l’œuvre du maître,
qui considérait la cathédrale comme « celle du Graal, l’édifice alchimique
ultime ».
Le plan au sol de cette cathédrale est strictement dicté par les rapports
dorés, et à notre connaissance, Fulcanelli est le premier à s’en être rendu
compte. Mais jugez plutôt… Nous remercions très vivement Patrick Amiot, auteur
de l’incontournable « Dol de Bretagne d’hier à aujourd’hui, tome 2 : la
cathédrale Saint Samson », qui nous a très aimablement autorisé à reproduire
le plan au sol de l’édifice. Nous avons ajouté à celui-ci, en rouge, les
rectangles d’or tels que Fulcanelli les décrit. Il va de soi que nous avons
pris le plus grand soin, avant de publier, de vérifier l’exactitude des
relevés et des proportions dorées mises en évidence.
Le plan de la cathédrale de Dol est très original : le transept se situe au
centre de l’édifice, ce qui est rare en France. Le chœur et la nef ont la même
longueur. Les piliers rythment une distribution étrange :
ABHG, BDJH, CEKI et EFLK sont des carrés, couvrant toute la longueur de
l’édifice.
BCIH est un rectangle d’or (BC x phi = BH). Il s’ensuit que ACIG est aussi un
rectangle d’or (on « colle » un carré). Il en va de même de BEKH. Et par un
effet de cascade géométrique, DEKJ et DFLJ sont des rectangles d’or.
Sur toute la longueur de la nef et du chœur, le nombre d’or organise l’espace.
C’est à notre connaissance un cas unique dans l’architecture gothique
française.
Nous remercions très vivement Alejandro C., disciple de Fulcanelli, qui a bien
voulu nous communiquer ces informations… et bien d’autres ! Un ouvrage est en
cours d’édition : si vous êtes intéressé par le caractère alchimique de Dol et
l’œuvre de Fulcanelli, n’hésitez pas à nous écrire : nous vous préviendrons de
la sortie du livre dès parution.
E-Mail : Christophe Pol
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